Les Fintechs, startups innovantes mettant les nouvelles technologies au profit des services financiers ont bouleversé l’équilibre établi par les institutions historiques.

Ces nouveaux acteurs de la place financière ont pu créer des opportunités et développer des modèles disruptifs, des services innovants et surtout être plus à l’écoute des attentes de leurs clients, surtout les plus jeunes actifs.

Le dilemme du changement : s’adapter ou le combattre ?

La transformation engendrée par cette évolution a été marquante pour les géants historiques du secteur qui ont vu au début une menace pour leur activité. Pour laquelle, ils ont mis des stratégies défensives féroces afin de repousser les barbares au-delà de leurs frontières sacrées.

S’ensuit une énorme remise en question, des transformations, des restructurations afin d’essayer de suivre la vague acélérante des Fintech.

Bien sûr, structurellement, organisationnellement et surtout culturellement, le changement à opérer était (et l’est toujours) immense.

Comment changer fondamentalement une industrie qui n’a pas, et n’avait, jusque-là pas besoin de changer ?

Au lieu de les combattre ? pourquoi ne pas les absorber ?

Les fintechs sont agiles, elles expérimentent avec un regard neuf, comprennent les attentes et les comportements des clients (jeunes et moins jeunes) désormais tournés vers la technologie, que ces dernières comprennent et assimilent parfaitement.

Elles manquent néanmoins cruellement de fonds, de maturité pour structurer et industrialiser leur business (scale, je trouve que ce terme n’a pas vraiment d’équivalent français).

Les banques, de leur côté, sont bien établies, Elles fonctionnent très bien depuis des centaines d’années, Elles ont du cash et elles jouissent du soutien du législateur… Pour l’instant…

Ce qui leur manque, c’est la compréhension et l’adaptation au changement profond que vit notre société par rapport à la technologie et la façon dont elle a changé les comportement des clients et leurs attentes.

Au début, la possibilité d’être absorbée (racheté) par une institution financière semblait assez séduisante pour la fintech ainsi que la banque en rapprochant leurs besoins respectifs.

La banque profite de l’agilité et de l’élan disruptif dont jouit la Fintech. De son côté la fintech profite de la maturité et de la force de frappe/rayonnement de la banque.

De plus, le dirigeant de la jeune startup encaisse un joli chèque de quelques millions d’euros. Argument non négligeable susceptible de séduire tout entrepreneur, que cela soit pour des raisons purement financières ou bien lui permettant d’avoir un tremplin pour attaquer un nouveau challenge entrepreneurial.

Rapidement, la startup se retrouve absorbée dans les processus complexes de la banque et perd son agilité et son esprit de startup (avec tout ce que cela implique) ainsi que tous les atouts qui lui ont permis d’atteindre le succès.

La banque, elle, intègre la startup, tente de rationaliser son fonctionnement pour en faire un produit servant ses intérêts et un service pouvant s’imbriquer dans son organisation.

La toxicité de cette relation, transforme les potentiels bienfaits en frustration. La fintech se retrouve stoppée dans son élan pour servir une roadmap bien tracée.

Cela est probablement l’un des facteurs les plus importants à l’origine du manque de licornes en France.

La réglementation au service des fintechs

Cette genèse de la fintech a été favorisée grace à la volonté de l’autorité bancaire européenne d’ouvrir l’accès au marché des paiements et de réduire le monopole des institutions bancaires.

Ainsi, assoir une concurrence saine entre les acteurs dans ma zone SEPA permettrait de mieux appréhender les changements technologiques majeurs et l’évolution des usages vis-à-vis des services financiers en Europe.

Avec la DSP1, La création du statut d’établissement de paiement, et la réduction de leurs contraintes par rapport aux banques ont considérablement boosté les Fintechs, tout en renforçant la position des consommateurs.

Aujourd’hui, l’évolution de la législation européenne à travers la DSP2, ouvre un nouveau panel de possibilités pour les Fintechs en leur donnant accès à l’actif le plus précieux des banques : leurs clients.

Cette évolution réglementaire pousse les acteurs bancaires à revoir leur posture non seulement face aux fintechs mais aussi face à leur propre modèle, et à envisager des modes fonctionnement orientés vers la collaboration.

chaque partie aura son propre lot de challenge à relever avant d’arriver à une conformité totale, tout en trouvant un équilibre entre les intérêts de chacun.

Un monde d’opportunités à découvir

L’évolution profonde dans les usages, les technologies et de la réglementation, dévoile un monde d’opportunités dont chaque partie devra tirer parti afin d’en sortir gagant.

Les fintechs profitent de cette évolution et de leur positionnement adapté au changement, mais les banques peuvent en profiter aussi pour développer des modèles innovants, aller plus loin dans la proposition de services aux fintechs et se recentrer sur le métier bancaire.

La mutation de l’écosystème des paiements rend le paysage plus complexe et plus fragmenté, mais plus riche de propositions de valeur et plus diversifié, où le client, centre des préoccupations, reste le premier bénéficiaire.

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